Cameroun : Ces circonstances troubles autour de la mort du journaliste Samuel Wazizi

Cameroun : Ces circonstances troubles autour de la mort du journaliste Samuel Wazizi

Cameroun : Ces circonstances troubles autour de la mort du journaliste Samuel Wazizi

Le gouvernement a finalement confirmé le décès de Samuel Wazizi, survenu en août dernier, mais sa version des faits peine à convaincre. À Yaoundé, l’affaire a pris un tour politique.

Qu’est-t-il arrivé au journaliste anglophone Samuel Abuwe Ajieka, dit Wazizi ? Deux jours après l’annonce de sa mort par un média privé camerounais, le mystère demeure entier sur le sort qui a été réservé à ce présentateur de télévision, interpellé le 2 août dernier à Buea, dans la région du Sud-Ouest anglophone, pour de présumés liens avec les activistes séparatistes de l’Ambazonie.

Depuis dix mois, personne n’avait plus de nouvelles du journaliste. « Il n’a jamais été présenté devant la justice », a assuré son avocat, Me Lyonga Ewule, qui a dit avoir tout fait pour rencontrer son client, en vain. Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a publié un communiqué sur le sujet le 3 juin, Samuel Wazizi était « détenu au secret », « en dehors de toute procédure légale ».

Cacophonie
Les avis divergent cependant sur les circonstances de cette disparition. Pour Équinoxe Télévision, le premier média à avoir évoqué son décès, Samuel Wazizi est mort moins d’un mois après son arrestation, autrement dit dès le mois d’août 2019. Le média ajoute qu’il a été torturé à Buea, puis transféré à l’hôpital militaire de Yaoundé, où il aurait succombé à ses blessures.

Selon un « responsable militaire de premier plan très proche de l’affaire » cité par RSF, Samuel Wazizi était« malade » et serait « mort durant son transfert à Yaoundé à une date inconnue ».

Les syndicats de journalistes et plusieurs organisations de défense de droits de l’homme ont demandé que la lumière soit faite sur cette affaire, qui a ému l’opinion publique. Réunies autour du hashtag #JusticeForWazizi, partagé plus de 16 000 fois en 24 heures sur Twitter, des voix se sont élevées pour exiger que les éventuelles responsabilités soient établies.

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