Chloroquine : Voici ce que décrivent les nouveaux travaux que Didier Raoult a présentés à Macron

Chloroquine : Voici ce que décrivent les nouveaux travaux que Didier Raoult a présentés à Macron

Chloroquine : Voici ce que décrivent les nouveaux travaux que Didier Raoult a présentés à Macron

Les équipes du professeur Raoult revendiquent une efficacité de 91,7 % pour un traitement par la combinaison hydroxychloroquine-azithromycine.
Lire aussi : Test vaccin du coronavirus en Afrique: Nouveau rebondissement en Côte d’Ivoire

Emmanuel Macron s’est entretenu jeudi pendant plus de 3 heures avec le controversé professeur Didier Raoult à son IHU Méditérranée-Infection de Marseille. Le défenseur de l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 lui a notamment présenté les résultats d’une dernière étude, qui prouve, selon lui, l’efficacité d’un traitement par la combinaison hydroxychloroquine-azithromycine.

Sur le site de l’IHU, un « abstract » (un résumé) de deux pages et une « table » (un ensemble de données) de cette étude qui a porté sur 1 061 patients ont été publiés.

L’étude revendique une efficacité de 91 %
L’âge médian de ces patients, choisis selon les critères d’inclusion des équipes du professeur Raoult, était de 43,8 ans. 493 d’entre eux (46,4 %) étaient des hommes et aucune toxicité cardiaque n’a été observée.

Après 10 jours de traitement, une guérison virologique a été observée chez 973 patients (91,7 %), ce qui prouve selon le professeur Raoult l’efficacité du traitement par hydroxychloroquine et azithromycine.

En revanche, pour 46 patients (4,3 % des cas) le traitement s’est soldé par de mauvais résultats : dix d’entre eux ont été hospitalisés en soins intensifs, et 31 ont dû être hospitalisés pendant 10 jours ou plus. Cinq patients (0,47 %), âgés de 74 à 95 ans, sont décédés.

Sur le groupe hospitalisé pendant dix jours ou plus, 25 sont guéris au moment de la publication du résumé, tandis que 10 sont encore hospitalisés.

Les mauvais résultats seraient liés à l’âge avancé notamment et à une « faible concentration de sérum hydroxychloroquine », observent les équipes du professeur Raoult.

« La combinaison [d’hydroxychloroquine et d’azithromycine] est un traitement sûr et efficace contre le coronavirus, avec un taux de mortalité de 0,5 % chez les patients les plus âgés. Il évite l’aggravation et élimine la persistance et la contagiosité du virus dans la plupart des cas », conclut l’abstract.

Des travaux qui ne convainquent (toujours pas) tout le monde
Dès la publication de ces données, des médecins et scientifiques ont à nouveau pointé du doigt la méthodologie du professeur Raoult et de ses équipes. Certains ont notamment souligné l’âge médian bas des patients alors que les formes graves de coronavirus touchent majoritairement les personnes âgées, ou encore la majorité de femmes, alors que les premières observations montrent que ce sont les hommes qui sont le plus touchés.

« Je ne sais pas si l’association hydroxychloroquine +/- [azithromycine] est efficace, mais ce n’est pas “l’étude” de Raoult d’hier qui fera avancer le débat », commente notamment le Dr Dominique Dupagne sur Twitter. « Et si elle l’est, il aura contribué à empêcher la démonstration de son efficacité en foutant en l’air la démarche scientifique. »

Avant cette étude, le professeur Raoult en avait déjà publié deux autres qui avaient divisé le monde scientifique, notamment à cause de ses méthodes jugées insuffisamment rigoureuses. Etaient notamment mis en cause un trop faible nombre de patients observés (seulement 24 dans la première étude) et un non-respect du protocole établi.

La nouvelle étude ne compte d’ailleurs toujours pas de groupe contrôle, reproche déjà formulé pour les deux précédentes. Or, selon Lucas Morin, épidémiologiste à l’Institut Karolinska en Suède cité par « le Figaro » ce vendredi, « sans cela, il est impossible de dissocier l’effet potentiel du traitement de l’histoire naturelle de la maladie. Ça n’a rien à voir avec l’hydroxychloroquine, c’est un principe de base en recherche médicale ».

Des résultats fin avril pour l’essai Discovery
Parallèlement, les essais scientifiques sur des traitements contre le Covid-19 se poursuivent. En Europe notamment, l’essai Discovery lancé le 22 mars dans sept pays vise à tester quatre traitements potentiels dont l’hydroxychloroquine. Les résultats ne sont toutefois pas attendus avant avril. D’autres essais ont été lancés pour évaluer l’hydroxychloroquine, notamment par les hôpitaux d’Angers et de Montpellier en France.

Pour l’ancien ministre de la Santé et médecin Philippe Douste-Blazy, qui milite pour une généralisation du traitement à l’hydroxychloroquine, « une étape a été franchie » avec la visite d’Emmanuel Macron à Marseille. Interrogé sur Franceinfo, jeudi, il a estimé que le président de la République « s’est extrait des sociétés savantes pour se fonder son avis personnel ». « Les experts, c’est important. Mais au-delà, il n’y a qu’une personne qui peut décider, c’est le chef », a-t-il ajouté.

Rejoignez Echobuzzweb sur Facebook pour plus d’Infos !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *