Flore Hazoumé

Flore Hazoumé avait déjà annoncé en 2002 le Covid-19 dans son roman ‘’Le crépuscule de l’homme’’

Le monde entier est secoué depuis décembre 2019 par le Covid-19, la maladie provoquée par le Coronavirus. Cette pandémie a fait beaucoup de mort en Chine dans la région du Wuhan, le foyer de contamination. Elle continue de faire de plus en plus de mort du côté de l’Europe. L’Afrique n’est pas en reste, même si les décès ne sont pas encore en masse. Pour limiter la propagation, plusieurs mesures drastiques ont été prises par les gouvernements de chaque pays.

Toutefois, cette pandémie avait déjà été annoncée dans le livre de l’écrivaine Flore Hazoumé en 2002. Comme prophétique, ‘’Le crépuscule de l’homme’’ de 199 pages, édité chez les Editions CEDA parlait du Coronavirus. En effet, dans les 20 dernières pages (pp. 170 à 199) du livre, Flore Hazoumé, nous faisait la description d’une épidémie qui se développe dans les forêts sur les collines de la ville de Bunjalaba, à l’origine inconnue dont les symptômes sont ‘’fièvre hémorragique, douleurs abdominales, vomissements. (…) Une forme de fièvre Ebola, pire que le Sida, plus virulente, plus douloureuse, plus fulgurante que le Sida et excessivement contagieuse’’ (pp. 171-172).

Ne sont-ce pas là quelques similitudes du Coronavirus ? Du moins une pandémie. Faisons la lecture d’un extrait ‘’Les nouvelles étaient désastreuses. Une terrible épidémie, un virus inconnu, peut-être de la même famille que la fièvre Ebola avait décimé presque toute la population de l’Afrique, du nord au sud, en passant par l’est et l’ouest’’. ‘’L’Afrique, répétait sans cesse le journaliste de RFI, ‘’est devenue un immense cimetière. Cette maladie contagieuse s’est propagée sur tout le continent (…) Les soldats de l’O.N.U, vêtus de combinaisons et de masques, ont parcouru toute l’Afrique et n’ont trouvé survivant’’ (p. 188).

Mais le talent de Flore Hazoumé ne s’arrête pas là. Sa capacité visionnaire très féconde se perçoit surtout dans l’épilogue (pp.197-199) de son roman où elle déploie toute son imagination-prophétique. Ainsi, on y lit que James Cameron, jeune employé des Nations Unies en mission en Afrique contracte une maladie qu’il sous-estime. De retour à New York ce dernier ressent de violentes douleurs abdominales et des maux de tête. Son état empire malgré les soins de sa famille. Lisons : ‘’On le transporta à l’hôpital. On lui diagnostiqua une fièvre hémorragique d’origine inconnue. Ses parents tombèrent malades, puis ses voisins. Les hôpitaux de New York furent submergés. Ce mal nouveau décima la population de la capitale en quelques semaines. Ce virus inconnu se propagea dans le monde entier : Shanghai, Tokyo, Toronto, Berlin, Paris, Vienne, aucun continent ne fut épargné’’ (p.199) Quelle écriture prémonitoire pourrait-on s’écrier ? Il ne resterait qu’a ajouté à la liste des villes infectées Milan, Abidjan et Ouagadougou.

Il faut saluer la clairvoyance de l’écrivaine. En espérant que nos autorités prendront toutes les mesures mêmes les plus drastiques pour nous protéger de cette pandémie. Il faut vivement souhaiter la réédition et sans doute la relecture en ces temps de confinement et d’incertitude du chef-d’œuvre de Flore Hazoumé car au-delà de sa dimension prophétique, il reste et demeure une réflexion profonde sur la condition humaine et l’avenir de l’humanité toute entière. La fin du roman ‘’Le Crépuscule de l’Homme’’, nous interroge sur le sens, la portée et la signification de la ‘’nouvelle humanité’’ composée de Babou, la femelle gorille et ses 2 enfants humains. A quelle humanité, nous prépare le Coranovirus dit Covid-19, la question reste posée !

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