Football : la saison de Ligue 1 définitivement stoppée

Football : la saison de Ligue 1 définitivement stoppée

Football : la saison de Ligue 1 définitivement stoppée

A partir du 11 mai, malgré le déconfinement, « il ne sera possible ni de pratiquer du sport dans des lieux couverts, ni des sports collectifs ou de contact », a annoncé le premier ministre, mardi. Ce qui pourrait aussi conduire à l’arrêt du championnat de rugby.

Les clubs de football français escomptaient pouvoir reprendre mi-juin la compétition et finir la saison en cours. Las. Ils doivent tirer un trait définitif sur le championnat, interrompu depuis le 13 mars. Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé, mardi 28 avril, que « la saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra[it] pas reprendre ».

La Fédération de football a confirmé, mardi soir, l’arrêt de la saison. La ligue 1 s’était donné pour objectif une reprise des matchs le 17 juin. Les clubs mettaient en avant la nécessité d’aller au terme de la saison en cours afin, surtout, de toucher les droits télévisuels encore dus par les chaînes Canal+ et BeIN Sports, qui pèsent lourd dans les budgets.

La Ligue de football professionnel (LFP) avait élaboré ces derniers jours un préplan de reprise, avec un accompagnement sanitaire, pour retrouver d’abord le chemin des entraînements à compter du 11 mai, puis celui des matchs.

Le président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, avait évoqué la possibilité de redémarrer d’abord par la finale de la Coupe de France (PSG – Saint-Etienne) le 13 ou le 20 juin, puis la finale de la Coupe de la Ligue (PSG – Lyon) trois jours plus tard, avant de reprendre le championnat.

Certaines voix dans le petit monde du football hexagonal avaient toutefois appelé à s’arrêter là. Le coprésident de l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), Sylvain Kastendeuch, avait ainsi estimé, dans une tribune publiée par Le Monde, qu’une reprise serait « précipitée et dangereuse » et avait appelé à l’arrêt des compétitions si les conditions de sécurité pour les joueurs n’étaient pas réunies.

Dans un entretien au Monde, le directeur du football et directeur général de l’OGC Nice, Julien Fournier, assurait également qu’un arrêt pur et simple de la saison en cours était souhaitable, avec un démarrage de la saison prochaine au mois d’août.

Du huis clos pourrait être possible en août
Le propos du premier ministre sur « la saison 2019-2020 de sports professionnels » qui « ne pourra pas reprendre » concerne également le championnat de rugby.

« Il ne sera possible ni de pratiquer du sport dans des lieux couverts, ni des sports collectifs ou de contact », a expliqué Edouard Philippe.

Le Top 14 avait tiré un trait sur l’organisation des phases finales entre la fin juin et la mi-juillet, mais espérait encore « une reprise des compétitions avant la fin de l’été ».

Le premier ministre a toutefois précisé que « les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les événements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l’objet d’une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l’avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre ».

Cela pourrait laisser la place à du huis clos en août. C’est ce que le ministère des sports a précisé à l’Agence France-Presse : « Avant fin juillet, il ne peut pas y avoir de compétition, même à huis clos ». Mais « à ce stade » et sous réserve d’une évolution défavorable de la situation sanitaire, les ligues « peuvent envisager de terminer leur saison au mois d’août, ou en septembre, à elles de décider ».

En cyclisme, cela exclut en revanche la tenue du Critérium du Dauphiné en août, comme cela avait été évoqué, et cela pose la question du Tour de France, dont les organisateurs ont décalé le départ à fin août. « A ce stade, la doctrine annoncée par le premier ministre n’impose ni son report, ni son annulation », a toutefois assuré le ministère des sports, tout en prévenant que des restrictions sur la présence du public sont envisageables.

Hésitations et tensions ailleurs en Europe
La gestion de la sortie du confinement pour les sports collectifs, et tout particulièrement pour le football, donne lieu à beaucoup d’hésitations et à un certain nombre de tensions dans les pays européens voisins.

Les Pays-Bas sont les seuls à avoir clarifié la situation : ils ont tranché, le 24 avril, pour un arrêt définitif du championnat, les événements publics étant interdits jusqu’au 1er septembre.

La Belgique s’apprêtait à faire de même. Mais, lundi 27 avril, la Pro League, qui gère l’élite, a préféré repousser à début mai son assemblée générale en l’absence d’une position claire et explicite du Conseil national de sécurité concernant le sport professionnel.

Les premiers à retrouver les terrains pour des matchs pourraient être les clubs allemands. Pourraient… car s’ils ont repris l’entraînement début avril, s’ils ont annoncé qu’ils étaient prêts à reprendre le championnat à partir du 9 mai, et si le ministre de santé, Jens Spahn, a déclaré qu’« avec des précautions les matchs à huis clos [seraient] certainement à nouveau possibles », le feu vert des autorités du pays n’a toujours pas été donné.

Ce « go » politique semble en revanche plus incertain en Italie. Les clubs italiens espéraient retrouver les terrains le 4 mai. Mais le gouvernement ne l’entend pas ainsi. Le premier ministre, Giuseppe Conte, a annoncé, lundi soir, que les rassemblements de joueurs ne pourraient avoir lieu qu’à partir du 18 mai, au mieux.

Le protocole de reprise du football jugé insuffisant en Italie
Le protocole de reprise élaboré par le football italien a été jugé « insuffisant » par le comité technico-scientifique qui conseille le gouvernement et il « a demandé des informations complémentaires », a expliqué le ministre des sports, Vincenzo Spadafora. « La reprise doit être progressive et des protocoles rigides sont nécessaires. Il faudra attendre », a ajouté ce dernier.

Selon le quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport, les clubs dénoncent le non-respect d’un accord politique et une attaque contre le football. « Les affirmations de ceux qui prétendent qu’il y a une conspiration contre la Serie A [le championnat italien] sont ridicules. Je prends mes décisions dans le respect des règles », a assuré M. Spadafora.

L’appel à avancer avec prudence vaut également en Espagne. « Je ne peux pas vous dire maintenant si le football professionnel va pouvoir reprendre son activité avant l’été. Ce serait imprudent de ma part », a déclaré, dimanche, le ministre de la santé, Salvador Illa.

Mais mardi, le gouvernement espagnol a annoncé que les footballeurs pourront reprendre un « entraînement basique » à partir du 4 mai. Un protocole à suivre a été défini : les joueurs recevront dans un premier temps leurs exercices par courrier, puis devront arriver au centre d’entraînement déjà en tenue, avec des gants et un masque, pour éviter de devoir passer par les vestiaires. Il ne pourra y avoir que six joueurs maximum sur le terrain en même temps.

« Pourparlers » pour les clubs anglais de la Premier League
La situation n’est pas plus claire en Angleterre, où le secrétaire d’Etat au sport, Oliver Dowden, a assuré, lundi devant le Parlement, avoir été « en pourparlers avec la Premier League, en vue de remettre le football en marche le plus tôt possible ». Mais aucun calendrier n’a encore été fixé.

Lundi, quatre clubs, dont Arsenal, ont rouvert leurs centres d’entraînement aux joueurs, avec un accès encadré et limité à des séances individuelles. Selon le Guardian, les clubs devraient se rassembler vendredi, afin d’organiser la reprise du championnat le 9 juin. A huis clos. Le Times a, lui, révélé lundi l’existence d’un « Project Restart » (« projet de redémarrage »), prévoyant de reprendre l’entraînement le 18 mai et les matchs le 8 juin.

En tout état de cause, il va falloir que les ligues européennes soient fixées assez vite sur ce qu’elles peuvent faire ou pas et sur ce qu’elles choisiront de faire. Selon L’Equipe, elles ont été informées, mardi, qu’elles avaient jusqu’au 25 mai pour prévenir l’UEFA de leur intention de reprendre ou non leurs compétitions nationales.

Le Monde

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