FPI: “L’ennemi de Gbagbo, c’est Gbagbo lui-même”

La crise au sein du Front populaire ivoirien (FPI) demeure encore profonde en dépit des rencontres qui ont eu lieu début janvier 2020 et en février dernier entre Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’guessan, les deux protagonistes à la présidence du Parti. Dans la contribution ci-dessous, Jean Bonin, cadre du FPI resté fidèle à l’ancien Premier ministre ivoirien, jette l’opprobre sur Laurent Gbagbo et ses affidés répondant à l’acronyme Gor. Pour lui, l’ennemi de Gbagbo n’est autre que Gbagbo lui-même.

Crise au FPI: Jean Bonin revient à la charge contre Laurent Gbagbo et ses partisans

Je voudrais emprunter à Philippe Di Nacera cette belle expression qui introduit ma présente contribution « avatar, le degré zéro de la communication ». Le résultat d’une lutte, quelle qu’elle soit, est principalement fonction de l’intelligence avec laquelle elle est menée.

Confié votre combat à des plaisantins et autres joyeux lurons, en dépit de l’importance de leur nombre, vous ne ferez que du surplace. À cet égard, dans sa fameuse citation l’écrivain Jean Dion disait à juste titre ceci « le quotient intellectuel d’une foule est égal à celui du plus imbécile de ses membres ». Alea jacta est.

Quand vous comprenez le sens profond de cette citation, alors vous êtes capable de comprendre pourquoi Gbagbo (et ses compagnons), bien qu’innocents et innocentés, continuent d’être maintenus en détention alors que les vrais “serial killers”, notoirement connus sur l’échiquier politique ivoirien, vaquent eux tranquillement à leurs malsaines occupations.

Ceux qui aujourd’hui sont le porte flambeaux de « la lutte » pour la libération de Gbagbo s’appellent Willy Bla, Arlette Zaté, Serge Kassy, Steve Beko, Stéphane Kipré et autres Demba Traoré.

D’illustres inconnus qui ne doivent leur illusoire, factice et virtuelle « notoriété » qu’au fait d’avoir parasité les vraies initiatives en faveur de la libération de tous les détenus politiques pro Gbagbo.

Ces pieds nickelés, tantôt artistes dans l’herbe, tantôt saltimbanques, qui célébraient bruyamment sur la toile le fait d’avoir été reçus par Gbagbo, au détriment du président Affi croyaient tenir le bon bout. Être reçu par Gbagbo était vécu par eux comme une victoire politique, non pas sur les geôliers du Woody mais sur Affi NGuessan.

Être reçu à la CPI suffisait à combler les egos étriqués de ces adeptes de petites victoires dont le seul fait d’arme politique connu c’est leur talent de danseurs et de chanteurs dans un parc désaffecté proche de la prison où croupissaient Gbagbo et Blé Goudé. Dans leur lutte contre Affi ils ne se rendaient même pas compte qu’ils lâchaient la proie pour l’ombre. Leur combat contre Affi était, faisaient-ils croire à leurs suiveurs, un combat contre Ouattara, contre la France, contre l’UA, contre l’UE, contre les USA, contre le CEDEAO bref contre la planète entière.

Quand Affi est reçu par Hollande, à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, Marie Odette Lorougnon, Danon Djédjé, Akoun Laurent et autres Lida Kouassi crient à la trahison envers Gbagbo que Hollande aurait traité d’infréquentable. Quelle cécité politique !

Quand Affi NGuessan mène une offensive diplomatique en se rendant à l’Elysée, à Matignon puis au Quai d’Orsay en vue de plaider le cas de Gbagbo ces pseudos patriotes dont le logiciel n’a pas été mis à jour depuis l’époque de la lutte des classes et du bolchévisme crient à la soumission à l’Occident et aux impérialistes, brouillant ainsi sa stratégie. Quelle surdité politique !

Quand Affi NGuessan leur demande de privilégier la voie diplomatique plutôt que les attroupements et les festivités à la CPI, il se trouve une Ago Marthe, sortie de nulle part, pour relayer le message selon lequel « Gbagbo demande que les patriotes fassent du bruit pour sa libération ». Quelle incompétence !

Enfin, lorsque Affi NGuessan met en place un collectif d’Avocats pour obtenir notamment la libération des détenus politiques, le dégel des comptes, le retour des exilés politiques c’est Mme Gbagbo, du fonds de sa cellule, qui s’en désolidarise en instruisant son avocat, Dodjé Rodrigue, de refuser de toucher sa quitte part de la centaine de millions que le président Affi a fait débloquer par le parti pour le paiement des honoraires des avocats. Quelle petitesse !

Comment Gbagbo peut-il gagner une bataille politique lorsque ceux à qui il en confie le leadership n’ont eux-mêmes aucun fait d’arme politique ? Comment veut-il être un grand homme s’il se complaît avec des bourricots et dont le nanisme politique n’a d’égal que leur obésité intellectuelle ? Comment compte-t-il en tête d’une course s’il préfère chevaucher un mulet plutôt qu’un étalon. à l’image d’un amorphe Issa Malick Coulibaly qu’il nomme au combien important et stratégique poste de Directeur de Campagne juste pour faire plaisir à sa dulcinée ?

L’ennemi de Gbagbo c’est Gbagbo lui-même. Le désordre dans lequel il a géré son pouvoir, à l’image de sa vie conjugale et privée, qui elle aussi est devenue un combat à fleuret moucheté entre les partisans de ses épouses, les pro Simone et les pro Nady, un autre pathétique front politique, est révélateur de son appétit pour les fausses et basses intrigues mais aussi pour la promotion de la médiocrité.

Alors quand j’entends aujourd’hui les mêmes pro Gbagbo crier à l’injustice parce que la CADHP a demandé la libération des partisans de Guillaume Soro qui eux ont fait preuve de réalisme en activant des leviers politiques, judiciaires et diplomatiques je dis simplement qu’ils ont atteint le sommet de l’incohérence et de l’inconséquence. Si Soro était resté dans leur logique nihiliste et négationniste il n’aurait pas obtenu une décision de libération de ses partisans par une cour affiliée à l’UA qu’eux les pro Gbagbo vilipendent à longueur de journée.

La réalité c’est que les GOR et tous les endoctrinés qui se réclament de mauvaise foi du pro Gbagbisme sont le niveau zéro de la politique.

Jean Bonin

Juriste

Citoyen ivoirie

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