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L’ancien président congolais tué par le Coronavirus

L’ancien président congolais Jacques Joachim Yhombi Opango, qui a dirigé le Congo-Brazzaville entre 1977 et 1979, est décédé lundi 30 mars en France des suites du Covid-19 à l’âge de 81 ans, a indiqué sa famille.

L’état de santé de l’ancien président s’était dégradé ces derniers temps, le contraignant à vivre loin du Congo, en France notamment, selon sa famille. Il vivait entre la France et le Congo depuis la fin de son exil en 2007.

« Mon père, l’ancien président Yhombi Opango, est mort ce lundi après-midi à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine près de Paris. Il a été bien victime du Coronavirus », a déclaré au téléphone à l’Agence France-presse, son fils Jean-Jacques Yhombi Opango. Et l’information a été confirmée plus tard dans la soirée par la télévision publique, Télé-Congo.

Originaire de la Cuvette (nord), Jacques Joachim Yhombi Opango était né en 1939. Ancien officier, il a été porté à la tête du pays juste après le toujours mystérieux assassinat du président Marien Ngouabi (1968-1977). Le nouveau président Yhombi Opango se rapproche alors de Paris, où il rencontre, dès juin 1977, le président Valéry Giscard d’Estaing. Ce dernier donnera le feu vert à l’envoi à Brazzaville de deux commissions d’experts, l’une pour relancer l’exploitation de la potasse, l’autre pour apprécier la situation économique du pays.

Le bras de fer avec Sassou-Nguesso

Un document classé « confidentiel défense » des archives diplomatiques françaises -daté du 11 août 1978- prédit la suite : « Les rivalités qui opposent le président Yhombi-Opango à son ministre des Armées, Sassou-Nguesso, soutenu par les Cubains, prennent un ton aigu et pourraient déboucher sur une épreuve de force. »

Jacques Joachim Yhombi Opango ne dirigera le pays que pendant deux ans avant d’être évincé par son ministre de la Défense, l’actuel président Denis Sassou Nguesso, originaire de la même région que lui. Emprisonné après son éviction pendant 10 ans, M. Yhombi Opango a été libéré peu avant la conférence nationale de 1991 qui a ouvert le pays au multipartisme. Il fonde alors le Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD). Candidat malheureux à la présidentielle de 1992, il s’allie au président élu Pascal Lissouba dont il devient le Premier ministre entre 1994 et 1996.

Il s’était exilé en France, pour un exil de dix ans, lorsque la guerre civile de 1997 a éclaté. Un conflit qui vit le retour du président Sassou-Nguesso aux affaires avec l’aide des troupes angolaises. Denis Sassou-Nguesso qui occupe toujours la présidence du Congo-Brazzaville.

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