Didier Raoult

L’équipe du professeur Didier Raoult composée d’Algériens, de marocains et de sénégalais

C’est l’une des images cocasses et virales qu’affectionnent particulièrement les réseaux sociaux : le président français, Emmanuel Macron, en visite jeudi chez le professeur Didier Raoult, défenseur du traitement à la chloroquine, à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée de Marseille, échangeant quelques mots avec l’équipe de recherche.

A la question : «Vous venez d’où», les jeunes chercheurs (ils ont entre 24 et 30 ans) répondent : Algérie, Maroc, Tunisie, Liban, Sénégal, Mali, Burkina Faso.

Le président français, arborant un masque et des yeux souriants, lance : «Merci de participer à l’effort !» C’est un fait : les étudiants du Sud – dont beaucoup d’Algériens – font aujourd’hui le bonheur de la recherche en Occident.

Dans l’une de ses vidéos virales, le professeur aux cheveux longs, défendant le port du voile dans l’université, explique : «Les meilleurs étudiants actuellement sont les étudiants africains et orientaux.

Les plus mauvais sont les garçons ayant fait la fac de sciences en France.» Didier Raoult impute cela au fait que les éléments les plus brillants en France ont tendance à se diriger plus vers les banques que vers la recherche scientifique, et il s’élève contre le fait que l’une de ses chargées de recherche les plus brillantes soit plus mal payée que sa femme de ménage. «Aujourd’hui, en France, dit-il, 50% des thésards sont des étrangers : si on enlève l’immigration, il n’y a plus de recherche française.

La science française fonctionne grâce aux immigrés. Et les meilleurs, ceux qui travaillent le dimanche dans mon service, ce sont les Noirs et les Arabes.»

Les études sociologiques avaient traité de la fuite «médicale» en Algérie. Selon une étude réalisée par le Centre de recherche en études appliquées pour le développement, en collaboration avec le bureau d’Alger de l’Organisation internationale du travail (OIT), sous la houlette du sociologue et chercheur Mohamed Saïb Musette, des médecins formés en Algérie tiennent le haut de l’affiche des départs.

Au tableau de l’Ordre des médecins en France, 21,94% sont d’origine algérienne. «Ce ne sont pas tous les médecins en exercice qui sont inscrits au tableau de l’Ordre des médecins. Le taux de fuite est encore plus important si l’on inclut tous les médecins installés en France exerçant dans le secteur médical ou autre, il atteindrait presque 30%», est-il précisé dans l’étude en question.

L’Algérie figure parmi les pays faibles en matière d’initiative ayant pour but de garder ses cadres et talents, selon le dernier classement 2019 établi par Global Talent Competitiveness Index (GTCI).

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