Afrique

Patrice Talon: “Comment confiner l’Afrique Subsaharienne où 80% vivent de l’emploi non salarié!”

“Comment peut-on décréter un confinement général de longue durée de travail la population dans un contexte de l’Afrique Subsaharienne où 80% vivent de l’emploi non salarié! « s’est exclamé Patrice Talon dans un entretien diffusé le 29 mars 2020 par la télévision béninoise ORTB.

Contrairement aux citoyens européens et asiatiques, la grande majorité des béninois ont un revenu non salarial, poursuit Patrice Talon. Trop peu de personnes peuvent attendre trois à quatre semaines et vivre des revenus du mois. “confinement général”

Réaliste, le chef d’Etat béninois qui a l’avantage sur ses pairs de la sous région d’être issu du secteur privé, se pose contre le copié collé du confinement général à l’italienne en passe d’être érigé en normes. «Si vous prenez des mesures qui affament la population, elles finiront par être bafouées sans permettre d’atteindre les objectifs », dit-il estimant que la grande majorité de ses concitoyens n’ont pas les moyens d’être confinés pendant trois semaines.

A noter que dans le monde, le débat fait rage sur l’utilité d’une mesure aussi exceptionnelle et limitative des libertés individuelles et économiques. Aux USA, Donald Trump, tétanisé par les élections présidentielles qui s’approchent à grand pas, ne cache pas son irritation : « Notre pays n’est pas fait pour ça. Nos gens ne sont pas pensés pour ça. Tout le monde veut reprendre le travail. » Les gens qui ont des restaurants ne peuvent pas rester fermés. D’ailleurs, plus rapidement nous retournerons au travail, plus la croissance sera grande. Je pense qu’on va avoir un rebond comme probablement jamais auparavant.» “confinement général”

De son côté, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a dénoncé, mardi 24 mars, les mesures de confinement, les comparant à une politique de «terre brûlée». L’approche italienne du confinement général, imitée par la France, est aux antipodes de la doctrine coréenne des test massifs qui a permis à Séoul d’endiguer la maladie. Entre ces deux écoles qui semblent s’affronter, l’Afrique devra trouver sa voie en suivant de prés l’OMS en espérant que les prédictions alarmistes du secrétaire général de l’ONU sont à mettre dans le seul compte de l’erreur humaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *