Affaire Guillaume Soro / Audience du 28 : l'ancien chef rebelle veut traîner des juges devant la justice.

Procès de Guillaume Soro à Abidjan, voici ce qui se passe

Me Gohi Bi, avocat de Guillaume Soro, a fait des révélations sur l’ouverture annoncée du procès de l’ancien chef du parlement ivoirien, Guillaume Soro, soupçonné de blanchiment d’argent et recel.

Procès du 28 avril: “Les avocats de Guillaume Soro n’ont reçu aucune notification” (Me Gohi Bi)

Poursuivi pour tentative de déstabilisation, blanchiment et recel de fonds publics, Guillaume Soro devrait être devant la justice ivoirienne ce mardi.

Interrogé par nos confrères d’Afrik soir, un de ses avocats, Me Gohi Bi, a révélé que la défense n’a reçu aucune notification portant sur la tenue d’une quelconque audience.

«Aucun avocat de la défense n’a reçu d’avis pour un quelconque procès ce mardi 28 avril. Notre client n’est pas présent. Donc même si nous avions reçu des avis, nous ne devrions pas prendre la parole à l’audience parce que le code de procédure pénal exige la présence du prévenu pour que ses conseils puissent intervenir. Donc sachant que notre client n’est pas là, même si nous avions reçu des avis, nous ne pouvions intervenir à l’audience », a expliqué l’avocat de Guillaume Soro.

Après avoir été déroutés, mercredi 22 avril devant la Cour Africaine des droits de l’homme, les avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire, sont revenus à la charge le week-end dernier en annonçant un procès devant le tribunal de première instance d’Abidjan Plateau.

« Ce sont les avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire qui disent avoir reçu des avis pour ce procès. Nous, nous sommes de la défense. Donc nous ne sommes pas logés à la même enseigne. Ce sont ces avocats de l’Etat qui nous ont informés qu’il y avait audience de notre client, le 28 avril. Nous n’avons pas reçu d’avis », a confié Me Gohi Bi à Afrik soir.

Cette volonté manifeste de la justice ivoirienne de juger Guillaume Soro en dépit des recommandations de la Cour africaine des droits de l’Homme, est perçue par ses avocats, notamment Me Affoussy Bamba, comme une manœuvre du gouvernement pour l’empêcher de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.

«L’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, qui a été notifié à l’Etat de Côte d’Ivoire, demande à ce que toutes les procédures dans le cadre de cette affaire Guillaume Soro et les 18 de ses proches, soient suspendues jusqu’à ce que la Cour statue sur le fond, c’est-à-dire sur les recours en annulation de toutes ces procédures qui lui ont été soumises. Donc déjà, nos propos vis-à-vis de cette position que la Cour a prise, c’est que c’est une audience qui n’a aucun sens, c’est une audience qui ne doit pas avoir lieu. Sa tenue sera faite en violation de l’Arrêt de la Cour Africaine, les prescriptions de l’ordonnance faite par la Cour. Donc la défense que nous sommes, nous supportons très mal le fait d’aller participer à ce simulacre de procès », a, pour sa part, confié Me Gohi Bi.

Aux dernières nouvelles, on apprend que le procureur a requis 20 ans de prison et 4.5 milliards FCFA de dommages et intérêts contre Guillaume Soro.

L’ex chef rebelle pourrait également être déchu de ses droits civiques et politiques. Nous y reviendrons.

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