Shi Zhengli, la chercheuse chinoise surnommée la “femme chauve-souris” prévient que le coronavirus “n’est que la partie émergée de l’iceberg et que d’autres virus pourraient apparaître bientôt”

Shi Zhengli, la chercheuse chinoise surnommée la “femme chauve-souris” prévient que le coronavirus “n’est que la partie émergée de l’iceberg et que d’autres virus pourraient apparaître bientôt”

Shi Zhengli, la chercheuse chinoise surnommée la “femme chauve-souris” prévient que le coronavirus “n’est que la partie émergée de l’iceberg et que d’autres virus pourraient apparaître bientôt”

A l’heure où la coopération internationale est plus que jamais nécessaire pour lutter contre le nouveau coronavirus, les scientifiques en appellent à des actions et des efforts solidaires pour enrayer la pandémie. En Chine, c’est Shi Zhengli, une virologue réputée pour ses recherches sur les chauves-souris, qui prévient que les virus récemment découverts ne seraient que “la partie émergée de l’iceberg”. Pour la chercheuse, l’étude plus poussée des virus présents dans la nature est essentielle pour prévenir de futures épidémies. Ses propos émis lors d’un entretien accordé à une télévision publique chinoise ont été relayés par Bloomberg.

En Chine, elle est connue sous le nom de “Batwoman”, en français : la “femme chauve-souris”. Et pour cause, Shi Zhengli, scientifique de renom, se distingue par ses travaux ciblés sur ces volatiles qui ont fait la une des médias depuis l’apparition de la Covid-19. Son intérêt pour ces animaux sauvages se poursuit depuis plus de 15 ans, ce qui lui a valu de nombreuses distinctions, dont celle d’être élevée au grade de chevalier de l’ordre des Palmes académiques en 2016. Directrice adjointe du laboratoire P4 à l’Institut de virologie de Wuhan, elle s’exprime au sujet de la pandémie dans une interview accordée au China Global Television Network (CGTN).

Un appel à la coopération internationale
Pour la virologue dont l’entretien a été diffusé sur la télévision chinoise, les virus récemments découverts ne seraient que “la partie émergée de l’iceberg” si rien n’est mis en place pour prévenir de futures épidémies. “Si on souhaite empêcher l’humanité de souffrir d’une prochaine épidémie, nous devons agir en avance pour approfondir les recherches sur ces virus inconnus portés par des animaux sauvages et pouvoir lancer l’alerte à temps”, explique Shi Zhengli à CGTN.

Pour la “Batwoman”, la recherche sur les virus nécessite que les scientifiques ainsi que les différents gouvernements fassent preuve de transparence en favorisant la coopération. Selon Bloomberg, la scientifique déplore la politisation de la science.

Qui est Shi Zhengli ?
Selon nos confrères du Monde, Shi Zhengli aurait passé en 2000 quelques années à l’université de Montpellier pour sa thèse. En 2005, la virologue surnommée “Batwoman” aurait identifié chez la chauve-souris deux coronavirus proches du virus à l’origine du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ayant émergé en Chine en 2003. Depuis, elle a fait des coronavirus une spécialité. D’ailleurs, la femme n’hésiterait pas à se rendre dans les provinces éloignées, et plus particulièrement dans des grottes sombres et humides où elle doit porter une combinaison de protection, un masque ainsi que des bottes et se munir d’un grand filet qui lui permettra d’attraper les volatiles sans risque de contracter une infection.

Ses recherches étant élaborées, Shi Zhengli doit travailler dans un laboratoire de sécurité de niveau P3. Mais elle est également directrice adjointe du laboratoire P4 à Wuhan. Ce dernier est utilisé pour les pathogènes dits de classe 4, à savoir des virus aux taux de mortalité et de contamination plus élevés, à l’instar d’Ebola.

Les laboratoires de Wuhan au coeur des spéculations
Depuis le début de l’épidémie, Shi Zhengli s’interroge sans cesse sur les manipulations opérées en laboratoire. Interrogée par Jane Qiu, journaliste au mensuel Scientific American, elle révèle: “Cela m’a vraiment fait perdre la tête et empêché de fermer l’œil”. En effet, la virologue aurait repris ses études menées ces dernières années, inquiète à l’idée d’identifier des négligences qui valideraient la théorie d’une “fuite” provenant de son département, à savoir le Centre pour les maladies infectieuses de l’Institut de virologie de Wuhan. Mais la scientifique estime qu’il n’en est rien, malgré les réactions qui se sont multipliées sur la blogosphère chinoise.

Cette dernière confie à Jane Qui être déterminée à poursuivre son travail, en précisant une fois encore que ce qui a été découvert “ne serait que la partie émergée de l’iceberg”. La virologue compte mener un projet national pour relever systématiquement les échantillons de virus dans les grottes de chauve-souris et ce, avec une portée et une intensité beaucoup plus élevées que lors de ses tentatives précédentes.

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