Terrorisme: La sœur des frères Clain jugée en appel

Terrorisme: La sœur des frères Clain jugée en appel

Terrorisme: La sœur des frères Clain jugée en appel

En première instance, Anne Diana Clain a été condamnée à neuf ans de prison pour avoir tenté de rejoindre la Syrie avec son époux religieux et ses enfants.

Une famille «maudite». C’est ainsi qu’en novembre 2019, Me Martin Desrues, qui intervient dans de nombreux dossiers liés à des «revenants» de zone irako-syrienne, avait qualifié le «clan» Clain.

Deux des frères, Jean-Michel et Fabien Clain, aujourd’hui présumés morts, sont tristement célèbres pour leur rôle de «voix françaises de l’État islamique».

Le grand public connaît moins leur sœur aînée, Anne Diana, qui comparaît lundi 29 et mardi 30 juin devant la cour d’appel de Paris pour avoir tenté de rejoindre la Syrie avec mari et enfants.

En août 2015, la quadragénaire quitte la France avec son époux religieux Mohamed Mongi Amri et ses quatre enfants mineurs. Après être passés par Monaco, l’Italie et la Grèce, ils sont refoulés à la frontière turque.

Terrés en Bulgarie pendant plusieurs mois, ils finissent par réussir à entrer en Turquie, mais sont interpellés le 1er juillet 2016 à la frontière turco-syrienne. Ils sont expulsés vers la France le 20 septembre 2016.

Les quatre enfants sont placés, tandis qu’Anne Diana Clain et Mohamed Mongi Amri sont mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste» et placés en détention provisoire.

Les 20 et 21 novembre 2019, leur procès se tient devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, au palais de justice des Batignolles. La quadragénaire plaide la «naïveté», assurant qu’elle imaginait en Syrie «une vie comme ici». Le quinquagénaire affirme quant à lui que le séjour de la famille en Syrie n’était que temporaire.
«Un projet en lien direct avec l’EI»

Dénonçant un projet «mûrement réfléchi, clandestin, en lien direct avec l’État islamique, qui se voulait définitif et dans lequel quatre enfants ont été entraînés», la procureure requiert dix ans de prison à l’encontre des époux.

La native de La Réunion est finalement condamnée à neuf ans de prison, avec une période de sûreté des deux tiers. Le Tunisien, à l’origine de la conversion de toute la famille Clain, écope de dix années d’emprisonnement avec une période de sûreté des deux tiers.

Le couple fait appel et est donc à nouveau jugé ce lundi 29 et ce mardi 30 juin. Cette fois, l’audience a lieu au palais de justice de l’île de la Cité, devant la chambre 8-1 de la cour d’appel. Anne Diana Clain est à nouveau défendue par Me Xavier Nogueras et Me Martin Desrues.

La mère de famille «réexpliquera sa version des faits», la même qu’en première instance, déclare Me Desrues. Au-delà de ce procès en appel et de la peine qui sera prononcée, «la chose la plus importante pour Anne Diana Clain, c’est de pouvoir un jour retrouver ses enfants et mener une vie normale», souligne son conseil.

De son côté, Mohamed Mongi Amri a toujours pour avocate Me Louise Dumont Saint Priest. «En première instance, mon client a été condamné à une peine très sévère, à laquelle est venue s’ajouter une interdiction du territoire français. Il a vécu plus de quarante ans en France, ses enfants sont Français.

Le jour où il sortira de prison, il aimerait avoir la possibilité de rester ici», indique-t-elle. Avant de rappeler, en faisant référence à l’ombre qui pèse sur ce dossier : «Mohamed Mongi Amri n’est pas Fabien Clain !»

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